mardi 27 février 2007

chronique d'un cyclone annoncé: Gamède

Quelques images surprenantes: Une image satellite de Gamède et le pont de Saint-Louis où comme dans la chanson on ne dansera plus...
Si vous voulez voir des images spectaculaires de ces météores plutôt dangereux.
http://www.meteo.fr/temps/domtom/La_Reunion/TGPR/saison/animation.html
Il a fait chaud, très chaud dans les jours qui ont précédé la venue de ce cyclone. Si bien qu'une fois qu'on a su qu'il arrivait, on se doutait bien qu'il serait hors norme.
Le passage en alerte rouge qui signifie interdiction formelle de sortir nous a été signifié samedi. Le cyclone est alors passé à plus de trois cents km au nord de l'île. Il a entraîné de copieuses précipitations et des vents violents (plus de deux cents km/h dans les hauts de l'île). Hier lundi, il a quasiment atteint la zone des 400 km dans le nord, nord-ouest de l'île. Et au moment même on on croyait que le cauchemar prenait fin, le cyclone s'est ramené ce matin 27 février en reprenant une direction sud. Cela rappelle un scénario catastrophique de 1980 lorsque le cyclone Hyacinthe a fait un passage puis deux en laissant de terribles souvenirs aux Réunionnais.
En tout cas, Gamède on s'en souviendra. Lors de son premier passage il a emporté un pont, celui de la Rivière Saint-Etienne, coupant le sud de l'ouest de l'île. Ceci signifie que pour ravitailler le sud, de grosses difficultés s'annoncent dans les deux ans à venir car il faut reconstruire. Comme si on n'avait pas assez d'embouteillages comme cela.
Mais c'est surtout la gestion de ce cyclone qui estout proprement étonnante.
A chaque fois qu'un cyclone s'annonce, les mêmes cafouillages se produisent
- on reste en alerte orange (ce qui signifie que l'on a le droit de circuler) alors que les conditions météorologiques sont très dégradées et que l'on devrait être en alerte rouge (et là, personne n'a plus le droit de sortir).
- résultats: les gens franchissent des radiers et y perdent la vie (déjà deux disparus) ou vont voir le spectacle en bord de mer alors qu'une forte houle balaye le littoral (vagues de dix mètres). Certes, les imprudents existent mais il arrive en période de crue de ravine que le niveau monte à vue d'oeil et franchement beaucoup de gens peuvent se faire surprendre sur les fameux radiers. Même des gendarmes et des pompiers se sont fait avoir cette fois-ci. C'est vous dire.
- mais cette fois-ci très cocasse: le ministre de l'outre mer en personne M. Baroin vogue dans la galère. Certes me direz-vous un peu décoiffé mais au poste de commandement quand même! Il faut savoir qu'il a pris l'avion lundi soir 26 février après la levée de l'alerte, est venu voir les dégâts mais cette fois-ci il est arrivé pour Gamède II ou le retour comme dans les mauvais films américains. Les mauvaises langues diront que le préfet n'a pas remis l'alerte rouge pour permettre au ministre d'atterrir ou comme à chaque fois, pour ne pas mettre en péril l'activité économique (bref, faire bosser les salariés coûte que coûte). Ce faisant, les mêmes mauvaises langues (dont j'avoue faire partie) diront qu'il a mis en danger la vie de nombreux Réunionnais qui sont allés travailler et qui n'ont pas pu rentrer chez eux ce mardi soir (au moins quatre portions de routes nationales sont coupées). Et c'est pas fini, attendez la suite que je vous raconterai plus tard.

samedi 17 février 2007

Mahé, la discrète



1ere photo: une belle vue de la plage d'Anse Royale. 2e photo: vue de "Big Ben", "copie" du modèle londonien mais qui trône fièrement dans Victoria, capitale des Seychelles.

Nous finissons notre séjour seychellois sur Mahé l'île principale, où se trouve la capitale Victoria
. Rien que le nom vous indique que les Britanniques sont passés par là! Victoria est une toute petite ville, presque une bourgade, charmante dont on fait le tour en une journée grand maximum. Comme réminiscence du lien avec Londres, la capitale seychelloise a elle aussi son Big Ben. Modeste il est vrai mais assez rigolo dans un tel décor.
Le "smog" britannique et l'agitation de la "city" en moins, nous avons tout de même découvert Victoria sous la pluie. Mais le marché du samedi matin est un vrai régal pour les yeux, les papilles et l'ouïe (ah, les conversations culinaires en créole sont une saveur en soi!). Les stands de poisson sont gargantuesques et très colorés mais pour qui connaît la zone intertropicale, les fruits et légumes ne sont pas très exotiques. En revanche, dépaysement garanti pour qui arrive des froidures des zones tempérées.
Après le marché nous avons entamé un tour de l'île. Il faut voir la très belle plage de Beau Vallon et les nombreuses baies les unes plus belles que les autres que compte cette île. Mais notre coup de coeur va à la plage d'Anse Royale au sud-est, très belle, peu fréquentée par les touristes et bien plus par les Seychellois. Un petit plongeon et une rencontre surprenante avec tout un banc de poissons "zyblos", qui comme l'indique leur nom local, ont un "hublot" noir au milieu du corps.
Le long de la route, végétation très dense avec de nombreux canneliers qui sont devenus quasiment des pestes végétales mais introduits par les Français qui voulaient, comme dans toutes les îles de l'océan Indien, produire des épices envoyés ensuite vers la métropole. Il subsiste aussi en de rares endroits des plantations de canne qui permettent de fabriquer un rhum local bien corsé!

dimanche 4 février 2007

La Digue suite et fin


Comme nous l'avons signalé dans notre précédent message, La Digue c'est l'occasion de rencontres impromptues puisque nous étions à vélo. Il est facile de s'arrêter et de voir des choses que l'on ne verrait jamais en voiture.
Entre les plages de Grande Anse et de Petite Anse, sous les feuilles de cocotier et en général bien cachés dans des trous, on peut voir des crabes d'une taille tout à fait honorable pour ne pas dire impressionnante (une bonne dizaine de contimètres de diamètre et même plus pour les "maousses costauds"). Celui que vous voyez sur la photo était quelque peu égaré, il ne s'est donc pas sauvé et nous avons pu le photographier de très près! Il n'a tout de même pas fini en bouillon ce qui peut être le cas. Et les bouillons de crabe aux Seychelles sont excellents!
Quant au petit gecko que vous pouvez admirer ici, il s'appelle un "gecko bronze" et il adore les bains de soleil sur les blocs de granit en bord de mer. Il est donc très facile de l'apercevoir! C'est un très bel animal!

mardi 23 janvier 2007

La Digue, l'île où le temps s'est presque arrêté


Arrêt à la Digue aux Seychelles:
Voici les deux moyens de transport les plus utilisés sur cette petite île : la charrette à boeuf et le vélo. Ecologique et sportif!
La Digue est la deuxième île visitée: elle se trouve à une demi-heure de bateau de Praslin.
Cette île est magique et on peut parler d'un véritable coup de coeur. Nous l'avions adoré dix ans en arrière. Et bien la magie est maintenue. Pourquoi me direz-vous? Tout d'abord elle est vraiment à taille humaine: pas plus de cinq km pour aller à l'autre bout de l'île. Mais surtout le temps semble s'être suspendu ici: les voitures sont rares du moins celles qui ont un moteur. Les taxis qui conduisent les Diguois et les touristes sont souvent tirés par des boeufs! Et puis surtout en dix ans, nous avons pu voir qu'ici la modernité n'est pas synonyme de dégradation de qualité de la vie. Bien au contraire, tout le monde circule à vélo (le nombre de vélos a augmenté en dix ans), se salue, vous salue (en tant que touriste). Idéal pour faire du sport en douceur quand on est avec des enfants même assez petits, car les distances sont courtes, les pentes et les voitures sont très rares et au bout du parcours, de superbes plages vous attendent. Que demande le peuple de plus?
La Digue, c'est donc vraiment une ambiance qu'il faut prendre le temps d'apprécier: les gens s'interpellent tout en pédalant. On entend "korec, mon dalon" (ça va l'ami?) entre Diguois, tandis que les touristes (en tout cas nous) sont interpellés quand ils descendent de vélo et on leur demande en souriant si la pente est trop dure.
Quelquefois, on suit une maman qui entraîne, à l'arrière de son vélo, son enfant d'un an. Celui-ci s'endort dans le panier ou bien lorsqu'il est bien réveillé, vous fait coucou. Un peu plus loin, les coqs qui nous snobent du haut d'un mur, chantent fièrement et se répondent. A un croisement, on peut aussi rencontrer un Diguois qui laisse pendre le long de son guidon un bourgeois (poisson rouge) grand d'au moins 50 cm. Il vous dira en riant: ceci n'est même plus un bourgeois mais un capitaliste vu sa taille!
La Digue c'est aussi des paysages d'une beauté à vous couper le souffle, tellement les bleus du littoral sont maginfiques. Ne parlons même pas des plages qui sont vraiment les unes plus belles que les autres.
Bref, on a adoré! Et on vous montrera encore des photos dans la suite.

jeudi 18 janvier 2007

la palmeraie de la Vallée de Mai, en direct de la préhistoire



Ici, une image pour vous donner un aperçu de la palmeraie. Faites attention à la taille des arbres car deux silhouettes au fond vous donnent une idée des proportions.






Voici le coco-fesse mais sur le palmier. Donc on ne voit pas la noix bilobée.
Vous avez pu voir auparavant (descendre dans le blog) à quoi ressemblait le coco-fesse et son équivalent masculin.

Mais ce qui est assez fascinant quand on est dans la palmeraie, c'est de savoir qu'elle est une réminiscence de la forêt préhistorique qui existait du temps où les Seychelles étaient encore soudées au continent Gondwana qui regroupait apparemment l'Afrique, Madagascar et l'Inde. Après la séparation du Gondwana, des millions d'années d'isolement ont permis le développement sur Praslin (et accessoirement sur l'île de Curieuse) le développement du coco-fesse mais aussi d'animaux endémiques.
Ainsi, on trouve également dans la Vallée de Mai, des lataniers et palmistes endémiques, souvent porteurs de grosses épines (apparemment pour se protéger des tortues géantes) et surtout des pandanus ou vacoas dont les fruits (appelés pimpin à la Réunion) sont mangés par les chauves-souris. Ces dernières vivent sur de nombreuses îles des Seychelles et sortent à la tombée de la nuit.
Des oiseaux endémiques peuplent la vallée. Nous avons cru apercevoir (!) à la cime d'un arbre un perroquet noir. Mais il était vraiment loin. Des reptiles également peuplent la vallée sans être endémiques à la Vallée de Mai. On voit fréquemment le gecko vert sur les inflorescences mâles du coco-fesse. Il est très joli ainsi que le gecko bronze.
Ajoutons pour finir que certaines espèces végétales ont été introduites tardivement dans la Vallée de Mai (vers 1930). Il s'agit du philodendron, très joli sur les arbres mais difficile à contrôler. De même la vanille est présente de partout mais elle ne porte aucun fruit car comme vous le savez certainement, il manque dans l'océan Indien, l'insecte pollinisateur qui va transformer les très belles orchidées de vanille en gousses. A la Réunion, l'homme fait le travail de l'insecte (merci à l'esclave Edmond Albius qui a découvert le procédé) mais aux Seychelles il semblerait que personne ne fasse ce travail très fastidieux et surtout pas en grimpant à la cime d'arbres hauts de 30 m!

mercredi 17 janvier 2007



Et si Praslin avait inventé l'amour chez les plantes?
Mon titre doit vous paraître bien énigmatique! Et pourtant nulle chronique sur le tourisme sexuel cher à M. Houellebecq ou encore la Thaïlande de bien triste renom sur ce point. Non, ici on parle plantes et il faut se dire qu'elles ont tout inventé avant nous. Tout le monde connaît le coco fesse? Que de mythes et de légendes sur ce coco au nom si imagé mais si bien nommé. En fait ce palmier est endémique d'une vallée de Praslin appelée la Vallée de Mai. Elle est classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco depuis 1983. Ces mythes et légendes sont liés au fait que le coco en question avait voyagé par voie de mer jusque vers les Maldives entre autres, suscitant questions et fantasmes chez bien des peuples. Mais la plante fut découverte tardivement avec l'arrivée des Européens aux Seychelles. En fait ce qu'on appelle coco-fesse est un palmier femelle qui peut atteindre 24 m de haut à l'âge adulte. Le palmier femelle produit la plus grosse graine du monde (il peut peser plus de 20 kilos et peut mettre 6 à 7 ans pour devenir mûr).D'un côté le coco-fesse représente les fesses d'une femme et si on le retourne le triangle du pubis avec même les poils! Ce que l'on sait moins c'est que le palmier mâle mesure lui plus de 30 m et produit une inflorescence qui a vraiment l'aspect du sexe masculin. D'où des surprises quand on voit aux toilettes aux Seychelles et en particulier à Praslin. Nulle inscription en français ou en anglais pour savoir où vous diriger, selon si vous êtes un homme ou une femme. En réalité un coco fesse marque souvent l'entrée des toilettes pour dames, tandis qu'une tige naturelle longue de 20 à 30 cm indique aux hommes où se diriger. Tout à fait véridique! Les photos que vous avez vues au-dessus sont très explicites sur ce point. Vous en saurez plus sur cette magnifique forêt de palmiers de la Vallée de Maiqui comprend bien d'autres espèces endémiques en suivant nos aventures dans les prochains jours.

lundi 15 janvier 2007


Pour commencer cette chronique sur les Seychelles, un petit peu d'histoire, de géographie et de climatologie. Chassez le naturel (ici l'enseignant) il revient au galop!
Résumé d'histoire: les Seychelles ont été découvertes probablement par les Arabes mais apparaissent sur les portulans portugais dès 1505. L'archipel composé de plus de 115 îles (!) est française depuis le XVIIIe siècle. Comme pour la Réunion et l'île Maurice, des essais de plantation d'épices sont faits par Pierre Poivre.
En 1814, comme l'île Maurice, l'archipel seychellois devient britannique. Napoléon et le traité de Vienne sont passés par là aussi. Cela donne comme résultat une population très mélangée comme dans les Mascareignes, parlant créole avec des ancêtres flibustiers, esclaves ou européens venus chercher fortune. Les Seychelles deviennent indépendantes en juin 1976 et peu de temps adopte un régime socialiste avec parti unique, dirigé par le président France-Albert René. Si à l'heure actuelle, des élections libres existent, le passé socialiste reste net avec un président qui est en fait l'ancien bras droit de F-A René. Donc une démocratie relative... Les Seychellois sont d'ailleurs très évasifs et assez méfiants quand on tente de parler politique avec eux.
Géographiquement, l'archipel est situé dans l'hémisphère sud vers 5° sud et 55° est. Mais l'archipel est en réalité très étendu: Aldabra ( un paradis pour animaux) très au sud est plus proche de Madagascar que de Mahé, l'île principale où se trouve la capitale Victoria. Trois îles (Mahé, Praslin, la Digue) concentrent 80% de la population (seulement 80 000 Seychellois). Les autres îles sont des paradis pour oiseaux comme Bird (bien nommée) ou Aride, pour tortues géantes et poissons, bref des endroits assez bien gérés (parcs nationaux) comme on aimerait en voir plus dans ce monde où l'environnement se semble pas être toujours être la priorité malgré les beaux discours! Les trois principales îles sont granitiques, d'autres ont un relief volcanique comme Silhouette, enfin les plus lointaines sont des atolls coralliens.
Le climat est équatorial (nous avons goûté à quelques belles averses et même des heures de pluie) mais la nature est tellement grandiose. La meilleure saison pour y aller, selon les Seychellois, est le mois d'avril-mai mais... encore faut-il avoir les vacances à ce moment-là.
Quoiqu'il en soit, malgré les averses nous avons aussi eu du soleil. Et même sous la pluie c'est beau. Voyez un peu ce coucher de soleil (vu sur les îles de Cousin, Cousine depuis le rivage de Praslin) que vous voyez sur la 2e photo. Cette vue a été prise à la nuit tombante, sous des gouttes... Mais la première photo vous montre les Seychelles des cartes postales: granit, plage, cocotiers et soleil. Cliché touristique mais bien réel! La photo 1 a été prise à Petite Anse (pour moi la plus belle de celles que je connais) sur l'île de la Digue. Vous remarquerez combien nous sommes nombreux sur la plage. Et pourtant, aucun trucage sur ma photo, il y avait vraiment très peu de gens!
La chronique continue dans les jours qui viennent. A bientôt